J'aime pas être dépendante, moi l'insolente, la rebelle, la solitaire. Moi, miss indépendance. Si j'ai plongé là dedans, c'est à cause de cette foutue drogue, de ce foutu manque. Ca m'a rongé tu vois, à l'intérieur. Ca m'a fait mal, ça m'a affaiblie. Tu vois, là, en moi, c'est là que j'ai eu mal. Et même quand j'avais mal ben je restais, j'en reprenais. C'est fou ce besoin que j'avais, ce manque, cette envie de ravoir une dose, encore et encore. Même si ça faisait mal. Même si je savais que c'était pas génial. Même si je savais que pendant un moment ça irait bien et puis qu'après ça serait pire. J'ai perdu pas mal de combat dans cette histoire. J'ai eu plein de fois tort. J'ai dépensé un tas d'énergie dans cette dépendance. Mais je revenais. Je revenais toujours. Parce que même si c'était dur, parfois blessant, dégradant, injuste. Même si j'étais souvent furax, même si j'étais souvent mal dans ma peau, je revenais. C'était plus fort que moi. Quand je prenais ma dose, ça me faisait tellement de bien, c'était tellement bon. Génial, super, agréable, sensuel, orgasmique peut-être même. C'était que du bonheur pendant la prise de cette dose. C'était après que c'était moins bien. Quand les effets commençaient à se dissoudre. Quand il restait plus d'illusion que de fait. Quand il fallait mettre le tout sur le tapis, jouer franc jeu. C'était là que ça se compliquait. J'aimais cette dépendance. Même si je savais que ça me détruisait quelque part. Mais m'en passer, c'était encore plus dur, plus néfaste. J'arrivais pas à l'abandonner. J'étais en manque. En manque constant. J'aurais voulu pouvoir tout contrôler. Pouvoir gagner. Mais je crois que y avait pas de gagnant là dedans. On part perdant d'avance dans ce genre de cas. Dès qu'on commence, on sait qu'on est foutu. Et le pire ou le meilleur là dedans ? Ben c'est qu'on prend le risque, qu'on reste, qu'on en redemande. Encore et encore. Inlassablement. C'est plus fort que nous. Alors tu vois, tu comprends maintenant ? Tu comprends pourquoi je revenais toujours vers toi ? T'étais ma drogue, ma drogue. Et comme toutes les drogues, elle était dure, forte, intense. Tu me rendais dépendante. C'était plus fort que moi, plus fort que toi. On avait beau se déchirer, fallait qu'on revienne l'un vers l'autre encore et encore. J'avais quand même besoin de ma dose. De ma dose de toi. Et puis, tu sais, comme avec les vraies drogues, un jour il y a eu l'overdose. Et ce jour-là, j'ai su que je serai plus jamais dépendante. Ca a fait mal mais ça a été une libération. Pour toi. Pour moi. Pour nous. Et tu vois, quelque part je suis contente que t'aie été ma drogue parce que maintenant je peux dire que j'ai connu la passion ardente et tuante et ça juste avec toi. Uniquement avec toi. Et malgré tout ça, c'était beau mais qu'est-ce que ça a fait mal...
Ce texte à été écrit par Laetis, elle a 18 ans et vit en Belgique .
Son blog est
story0etincelle0espoirMon avis ( Ninah ) : J'ai publié ce texte car je le trouve incroyablement réaliste, et pourtant si magique . Il m'a juste, emporté tout au long du récit .